Rome n'a rien inventé du ciel. Elle a fait mieux : elle a imposé son calendrier au monde, et vous l'employez encore.
Les Romains ne comptaient pas les jours en avant mais à rebours, depuis trois repères fixes du mois — et en incluant les deux bornes, ce qui décale tout d'une unité. Entrez votre date : elle se grave dans le marbre, telle qu'un Romain l'aurait lue.
Aucun Romain ne disait « le 17 mars ». Il disait : à tant de jours avant les calendes d'avril. Les trois repères sont fixes, mais ils ne tombent pas au même jour selon les mois — et c'est là que ça se complique.
Les Fasti ne donnaient pas seulement la date : à côté de chaque jour, une lettre disait son statut juridique. Peut-on plaider ? Peut-on voter ? Doit-on s'abstenir de toute affaire ? Le calendrier romain était un document de droit avant d'être un instrument d'astronomie.
Le plus ancien exemplaire conservé est peint, pas gravé : les Fasti Antiates Maiores, trouvés à Antium, seule copie qui nous soit parvenue du calendrier d'avant la réforme de César — celui de 355 jours, avec son mois intercalaire.
Le calendrier républicain dérivait : il fallait intercaler un mois de temps à autre, et cette décision revenait aux pontifes — qui en usaient pour allonger ou raccourcir les mandats de leurs amis. En 46 avant notre ère, César remet tout d'aplomb d'un coup, avec l'aide de l'astronome alexandrin Sosigène : une seule année de 445 jours, puis 365,25 jours réglés une fois pour toutes.
Une erreur de sept millièmes de jour par an. Il a fallu seize siècles pour qu'elle devienne visible, et le rattrapage a coûté dix jours à l'Europe — du 4 au 15 octobre 1582, en une nuit.
C'est la seule des huit civilisations qui n'apporte aucune observation neuve. Les Romains reprennent l'astronomie grecque presque telle quelle. Mais ils lui donnent les mots que le monde entier emploie encore — et ça, aucune des sept autres ne l'a réussi.
Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne. Vous dites des noms de dieux romains, hérités des Grecs, eux-mêmes hérités des Babyloniens. Trois traductions successives, et le mot d'origine était akkadien.
Septembre, octobre, novembre, décembre : sept, huit, neuf, dix. L'année romaine commençait en mars. Les noms n'ont jamais été recalés, et nous vivons avec quatre mois qui mentent sur leur rang depuis deux mille ans.
Son lever avec le Soleil, en plein été, marquait les jours les plus chauds : dies caniculares. C'est de là que vient le mot canicule. Le fond de cette page porte son nom romain.
Votre thème complet contient la lecture romaine, et sept autres. Rome vous donne les noms ; la Grèce le système ; Babylone les nombres. L'audit remonte la chaîne jusqu'à la tablette.
L'AUDIT COMPLET pas encore ouvertLa conversion en datation romaine a été contrôlée avant publication sur sept dates dont la forme latine est attestée, dont les ides de mars et le 25 décembre ; le compte maximal, XIX, a été vérifié sur les trois cent soixante-cinq jours de l'année. Le caractère juridique des jours — F, N, C, NP, EN — n'est pas donné jour par jour : les tables varient selon l'exemplaire de Fastes. Le latin employé est épigraphique : ni J ni U, I et V seulement. Toutes les étoiles du fond sont réelles : coordonnées équatoriales J2000 de la base HYG — Hipparcos, Yale Bright Star Catalogue, Gliese, publiée par Astronomy Nexus sous licence CC BY-SA 2.5 — projetées en stéréographique. Aucun point n'a été ajouté pour la composition. Ces pages relèvent de l'histoire et de la mythologie comparées : elles ne constituent ni un avis médical, ni un conseil financier, ni une prédiction.