Un codex plié en accordéon, vingt pages, treize jours chacune — et le vôtre est dedans.
Les Mexica ne consultaient pas une roue mais un livre. Le tonalamatl — « papier des jours » — se dépliait page après page, une par trecena. Le Codex Borbonicus en est le plus bel exemplaire conservé. Entrez votre date : le codex s'ouvre à votre page.
La Pierre du Soleil porte en son centre quatre cartouches, un par âge disparu, disposés autour du glyphe Ollin — le mouvement. Nous vivons dans le cinquième, et il finira par des tremblements de terre. La séquence varie un peu selon les sources ; celle-ci suit la disposition de la Pierre.
Quand le compte de 260 jours et l'année de 365 revenaient au même point — 18 980 jours — le monde risquait de s'arrêter. Chaque foyer brisait sa vaisselle, éteignait son feu, et attendait. Les prêtres montaient sur le Huixachtlan, la colline de l'Étoile, et guettaient le passage des Pléiades au zénith de minuit. Si elles passaient, le monde avait cinquante-deux ans de plus, et un feu neuf redescendait vers la ville.
Les Pléiades. Leur nom nahuatl signifie « la place du marché » — une foule d'étoiles serrées. C'est leur passage au zénith qui décidait de la suite du monde. Elles sont dans le ciel de cette page, à leur vraie position.
La ceinture d'Orion. Son nom désigne le foret à feu, l'outil qu'on fait tourner pour allumer. Les Mayas y voyaient trois pierres de foyer ; les Mexica y voyaient l'outil qui allume le foyer. Même ciel, autre récit.
La cérémonie se tenait en année 2 Acatl. La dernière eut lieu en 1507, sous Moctezuma II. La suivante serait tombée en 1559 : elle n'a jamais eu lieu. Tenochtitlan était tombée trente-huit ans plus tôt.
Les Mayas comptaient les jours depuis une origine absolue : on peut raccrocher n'importe quelle date à la nôtre par une seule soustraction. Les Mexica, non. Leur calendrier tourne en boucle sans point de départ, et pour l'aligner sur le nôtre il faut une date de la Conquête notée dans les deux systèmes. Il en existe plusieurs — et elles ne tombent pas d'accord.
Un jour d'écart. Il peut venir d'une erreur de copiste, d'un décalage entre le jour aztèque — qui commençait au midi — et le jour espagnol, ou d'une conversion approximative faite au XVIe siècle. Les spécialistes en débattent encore. Nous n'allons pas trancher un débat d'américanistes dans un formulaire : nous donnons les deux lectures.
Votre thème complet contient cette page du codex, et sept autres lectures. Votre trecena, votre jour dans les deux corrélations, votre porteur d'année — plus la Mésopotamie, l'Égypte, la Grèce, Rome, l'Inde, les Mayas et le Nord.
L'AUDIT COMPLET pas encore ouvertLes glyphes du tonalamatl ne sont pas reproduits : ils demandent une main de tlacuilo, et un glyphe faux discréditerait les nombres, qui eux sont exacts. Toutes les étoiles du fond sont réelles : coordonnées équatoriales J2000 de la base HYG — Hipparcos, Yale Bright Star Catalogue, Gliese, publiée par Astronomy Nexus sous licence CC BY-SA 2.5 — projetées en stéréographique. Aucun point n'a été ajouté pour la composition. Ces pages relèvent de l'histoire et de la mythologie comparées : elles ne constituent ni un avis médical, ni un conseil financier, ni une prédiction.